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Bardage à claire-voie : écartement, pare-pluie et ventilation selon le NF DTU 41.2

Un bardage à claire-voie est une pose à joints ouverts, admise par le NF DTU 41.2 depuis août 2015 via une Annexe A normative. Le vide entre lames y est limité à 10 mm en projection verticale, avec une lame d’air ventilée de 20 mm minimum et un pare-pluie qualifié pour l’exposition aux UV.

Façade en bardage bois à claire-voie, pare-pluie noir visible entre les lames
Sur une claire-voie, les jours entre les lames laissent voir le pare-pluie : il devient un élément de façade.

La question qui revient sur tous les forums tient en une phrase : l’eau ne va-t-elle pas rentrer entre les lames ? Oui, elle rentre, et l’ouvrage entier est conçu autour de ce fait.

Une claire-voie fonctionne à deux peaux : la peau visible fait le rendu, une seconde assure l’étanchéité à l’eau et au vent. Trois valeurs commandent ce système, et aucune ne se voit une fois la façade montée : l’écartement, la lame d’air, la référence du pare-pluie.

La claire-voie est-elle couverte par le NF DTU 41.2 ?

Oui, depuis le 15 août 2015 seulement. La pose à joints ouverts y est traitée par une Annexe A de statut normatif intitulée « Bardage à claire-voie », dans le NF DTU 41.2 P1-1, indice P 65-210-1-1.

Le résumé officiel publié par AFNOR sur Norm’Info l’écrit : « Le présent document traite également en Annexe A des bardages à claire voie. » La Fédération Française du Bâtiment et Fibois Bretagne rapportent la révision.

La conséquence se comprend avant de signer un devis. Une claire-voie posée dans les limites de cette Annexe A relève de la technique courante et n’exige plus d’Avis Technique pour être assurée. Hors de ces limites, elle redevient technique non courante, à déclarer à l’assureur.

Une information périmée circule encore

Des pages affirment toujours que la claire-voie « n’est pas visée par le DTU ». Cette phrase décrit un guide antérieur à 2015, publié parce que la version de 1996 ne traitait pas le sujet. Elle était juste, elle ne l’est plus.

Quel bois pour une claire-voie, et surtout quels tasseaux ?

Le choix de l’essence dépend de l’exposition et du rendu recherché : il est traité sur notre page bardage bois. Ce que la claire-voie change, c’est la quantité de bois mouillé.

À joints fermés, le recouvrement cache un chant sur deux et l’ossature ne voit jamais la pluie. En claire-voie, les deux chants ruissellent et les tasseaux sont directement mouillés. La FFB rappelle que le NF DTU 41.2 exige donc des tasseaux au moins aussi durables que les lames, et le CNDB recommande de penter leurs têtes.

La NF EN 335 sépare la classe d’emploi 3.1, humidification courte à séchage complet, de la 3.2, humidification longue à séchage incomplet. Un tasseau plaqué contre le pare-pluie sèche mal : viser 3.2 sur l’ossature secondaire est une position de métier, non une exigence normative.

Le guide de juin 2016 du Commerce du Bois pose qu’un aubier sans préservation n’est jamais durable, quelle que soit l’essence, et que douglas et mélèze doivent être purgés d’aubier en parement. La question à poser au négoce porte moins sur l’essence que sur la purge.

Quel écartement laisser entre les lames ?

10 mm maximum en projection verticale. La valeur est normative, portée par l’Annexe A du NF DTU 41.2. La FFB l’assortit d’une condition de hauteur que personne ne reprend : le vide entre deux lames ne dépasse pas 10 mm jusqu’à une hauteur de façade de 10 m, et doit être nul au-delà. Le CNDB ajoute une limitation d’ouvrage à 6 m, soit R+1.

Les trois mots qui comptent sont « en projection verticale », et personne ne les explique. Ce n’est pas l’écartement entre deux chants, mais le vide vu de face, à l’aplomb, par lequel la pluie et le soleil atteignent le pare-pluie.

Avec des lames à plat, les deux se confondent. Avec des lames chanfreinées ou inclinées, la lame voisine recouvre optiquement le vide : l’écartement réel dépasse 10 mm alors que la projection reste conforme. Des lames chanfreinées permettent donc un rendu large sans sortir du DTU, et cela se décide au dessin. L’Annexe A pose aussi une épaisseur de lame de 21 mm minimum.

Trois seuils coexistent, de trois natures. Le seuil normatif est de 10 mm en projection verticale, et le franchir fait sortir de l’Annexe A. Le seuil fabricant dépend de la membrane et du sens de pose : les produits relevés ici vont de 8 à 100 mm. Le seuil d’usage, vers 50 mm, marque le passage au claustra.

Pourquoi un pare-pluie ordinaire est interdit derrière une claire-voie

Derrière un bardage à joints fermés, le pare-pluie ne voit jamais le soleil. En claire-voie, il prend les UV à travers chaque joint, et une membrane non stabilisée se craquelle en quelques saisons.

Une membrane qualifiée joints ouverts est noire ou anthracite, la stabilisation UV passant par le noir de carbone, et se déclare selon EN 13859-2.

Puisque l’Annexe A plafonne le joint à 10 mm, la question n’est pas de trouver une membrane qui tienne un grand écartement, mais d’en poser une qualifiée joints ouverts : sur les sept produits ci-dessous, un seul ne l’est pas. Six fabricants, aucune valeur normative.

Fabricant et produit Écartement max Surface ouverte max
Dörken DELTA-FASSADE 20 (PLUS) 20 mm 20 %
Riwega USB WINDTOP UV 30/160 30 mm 40 %
pro clima SOLITEX FRONTA QUATTRO 35 mm 25 %
pro clima SOLITEX FRONTA PENTA 50 mm 40 %
Airisol CLAIRE VOIE 50 50 mm 40 %
Serge Ferrari STAMISOL EXTREME DW 100 mm 50 %
pro clima SOLITEX FRONTA WA non admise

Valeurs relevées sur fiches techniques en septembre 2026. Vérifiez la fiche en vigueur au moment de votre commande.

L’écartement n’est jamais donné seul : il est couplé à un pourcentage de surface ouverte, et les deux conditions valent ensemble. Une membrane qualifiée 50 mm n’autorise pas à ouvrir la façade à 50 mm, et ne rend pas légal un bardage à 50 mm, puisque le DTU plafonne à 10 mm.

Le piège n’est pas la valeur d’écartement, c’est le sens de pose. Soprema qualifie son SOPLUTEC UV à 8 mm et 1,5 % de surface ouverte en claire-voie verticale, contre 20 mm et 20 % en horizontale : un rapport de un à treize. En vertical, l’eau ruisselle sur toute la hauteur de la membrane, quand l’horizontal la renvoie par recouvrement.

Une fois la façade montée, rien de cela ne se vérifie à l’œil. Demandez votre devis : la référence du pare-pluie y est écrite.

Faut-il ventiler une façade déjà ajourée ?

Oui, et c’est l’idée fausse la plus répandue. Les joints ouverts ne remplacent pas la ventilation basse et haute : ils ne créent aucun tirage thermique vertical, l’air entrant et ressortant par le même joint.

La règle normative du NF DTU 41.2 reste entière. Lame d’air de 20 mm d’épaisseur nominale minimum, ménagée par les tasseaux, entrée basse et sortie haute. On lit encore « 15 mm » sur les forums : c’est faux.

Les sections d’orifices croissent avec la hauteur de façade, logique que reprennent le Cahier CSTB 3316 et le NF DTU 45.4, la norme d’isolation thermique par l’extérieur.

Hauteur de bardage Section minimale, haute et basse
moins de 3 m 50 cm² par mètre linéaire
3 à 6 m 65 cm²/ml

Sur une maison en R+1, retenir 50 à 65 cm²/ml.

Une claire-voie se pose aussi bien sur un mur nu que sur un mur isolé par l’extérieur : le NF DTU 41.2 vise les deux supports et ces sections ne changent pas. Le pare-pluie devient obligatoire dès qu’un isolant est à protéger, et la longueur des tasseaux se calcule à partir de l’isolant, non du mur.

L’orifice bas reçoit une grille anti-rongeurs, et l’erreur la plus fréquente se joue là : la grille ne doit pas réduire la section libre exigée. L’ouverture se surdimensionne pour conserver 50 cm²/ml grille en place. La maille exacte demandée par le DTU n’a pas pu être établie, nous ne donnons aucun chiffre. SMBois rapporte que le DTU préconise une garde au sol de l’ordre de 20 cm.

Une section de ventilation ne se contrôle plus une fois la façade fermée : elle se calcule avant, et se mesure grille posée.

Entrée d'air en pied de façade d'un bardage à claire-voie, fermée par une grille anti-rongeurs
En pied de façade, l'entrée d'air est protégée par une grille : sans elle, la lame d'air se referme.

Bord de mer : ce qui change vraiment

Le NF DTU 41.2 impose des fixations en acier inoxydable, mais l’A2 et l’A4 ne tiennent pas la même chose. Le seul texte normatif qui tranche entre les deux nuances est le NF DTU 51.4 P1-1, article 5.5.6.1 : il exige l’inox A2 au minimum et l’A4 en ambiance corrosive. Aucun seuil officiel ne dit à quelle distance de la côte l’A2 redevient acceptable.

Le chiffre de 3 km circule pourtant. Il vient de la note d’un bureau d’études, Progineer, seule source à le rattacher au NF DTU 41.2, et recoupe une situation d’exposition des Recommandations professionnelles RAGE de mai 2015, « moins de 3 km du littoral », abrogées le 1er avril 2023. Ce texte excluait le front de mer, qui relève d’une étude particulière. Une lecture isolée et un référentiel périmé ne font pas une règle.

L’inox A4 (316) se distingue de l’A2 par l’ajout de molybdène, qui stabilise la couche passive que les chlorures attaquent : un A2 en atmosphère saline pique, et chaque piqûre laisse une traînée rousse sous la vis. Le NF DTU 41.2 proscrit les pointes à tige lisse et n’admet que les pointes crantées, annelées ou torsadées et les vis inox, tête pénétrant d’1 mm maximum.

Deux prescriptions complètent ce cadre sans être normatives. Novi-Clous, fabricant de fixations, demande 15 mm minimum entre la fixation et le bord de la lame, et le négoce Vivre en Bois rappelle que le nombre de fixations dépend de la hauteur et de la zone de vent. Sources secondaires, pas le DTU.

Aucune source consultée ne traite en revanche l’action du vent sur un bardage à claire-voie, c’est-à-dire l’effet de la porosité de la peau sur la répartition des pressions. Nous n’en publierons aucun chiffre.

Sur la presqu’île, une contrainte s’ajoute au vent : selon la zone, le PLU impose la lame verticale et parfois une façade peinte ou teintée, ce qui écarte de fait certaines poses ajourées. Nous reprenons ces articles sur notre page bardage bois à Lège-Cap-Ferret.

La référence du pare-pluie, la section d’air conservée grille posée et la nuance d’inox sont les trois choses qu’on ne revoit jamais après la pose. Elles sont écrites sur nos devis : demandez le vôtre et comparez-le à celui que vous avez déjà.

Le bardage va-t-il griser de façon irrégulière ?

Le grisaillement demande deux facteurs simultanés. Les UV provoquent la photo-oxydation de la lignine, le composant qui donne au bois sa couleur, puis la pluie lessive cette lignine oxydée. Il ne reste en surface que la cellulose et l’hémicellulose, qui sont grises. Le phénomène est superficiel et n’entame ni la durabilité ni la structure. Le Commerce du Bois donne 1 à 4 ans selon l’exposition.

Toute zone qui reçoit moins d’UV ou moins de pluie grise donc moins vite : Hout Info Bois écrit qu’une surface partiellement couverte ou ombragée présente une couleur grise hétérogène. Un grisaillement hétérogène est la norme. Aucune source ne mesure l’effet des ombres portées d’une claire-voie sur la régularité du grisaillement.

Questions fréquentes

Quel bois pour un bardage à claire-voie ?

Les deux chants de chaque lame ruissellent et les tasseaux sont mouillés : le NF DTU 41.2 exige des tasseaux au moins aussi durables que les lames. Le Commerce du Bois rappelle qu’un aubier non préservé n’est jamais durable, quelle que soit l’essence.

Quel écartement laisser entre les lames d’un bardage à claire-voie ?

10 mm maximum en projection verticale, valeur normative de l’Annexe A du NF DTU 41.2. Cette projection est le vide vu de face, non l’écartement entre chants. La FFB ajoute qu’il doit être nul au-delà de 10 m de façade.

Un pare-pluie ordinaire suffit-il derrière une claire-voie ?

Non. Exposée aux UV à travers chaque joint, une membrane non stabilisée se dégrade en quelques saisons. Il faut un pare-pluie déclaré selon EN 13859-2, avec écartement admissible et pourcentage de surface ouverte inscrits sur sa fiche.

Faut-il ventiler une façade déjà ajourée ?

Oui. Les joints ne créent aucun tirage thermique vertical, l’air entrant et ressortant par le même vide. La lame d’air de 20 mm minimum du NF DTU 41.2 reste exigée, entrée basse grillagée et sortie haute dimensionnées selon la hauteur.

Quelles fixations pour un bardage à claire-voie en bord de mer ?

De l’inox, exigé par le NF DTU 41.2. Entre A2 et A4, le seul texte normatif est le NF DTU 51.4 P1-1, article 5.5.6.1 : A2 au minimum, A4 en ambiance corrosive. Aucun seuil officiel ne fixe de distance à la côte. Les pointes à tige lisse sont proscrites.

Une pose à joints ouverts qui reste dans le DTU

Une claire-voie tient dans trois valeurs que rien ne montre une fois la façade fermée : 10 mm de projection verticale, 20 mm de lame d’air, une membrane qualifiée joints ouverts. Confiez votre bardage à un menuisier du littoral atlantique : demandez votre devis gratuit.


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